Chute Mbombo sur les pas de Katende : que se passe-t-il avec les projets énergétiques du Kasaï-Central ?

Relancé il y a quatre mois, le projet de construction du barrage hydroélectrique de Mbombo, sur la rivière Lulua à Tshibambula (commune de Nganza), n’ont pas encore effectivement démarré.

Porté par l’Agence nationale d’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER), qui en est maître d’ouvrage délégué, ce projet était présenté comme une solution à l’électrification de la ville de qkananga, avec une production attendue de 18 MW, pour une durée de réalisation estimée à 18 mois.

Mais depuis son lancement officiel le 15 février 2025, aucun signe concret d’évolution sur le terrain : aucune machine, aucun technicien, ni aucun matériel sur le site.
Seule une base vie partiellement construite témoigne d’un début de présence, mais ses travaux sont à l’arrêt.

Face à cette situation, une structure citoyenne dénommée Dynamique Chutes Mbombo a adressé, il y a 24 heures, une lettre ouverte au Président de la République. La DYCM énonce un flou persistant autour du projet, qu’elle impute à ANSER, et appelle à une implication directe du Chef de l’État pour débloquer la situation.
L’impasse de la Chute Mbombo rappelle un autre projet emblématique : la Chute de Katende. Lancé à plusieurs reprises depuis l’époque du Maréchal MOBUTU, ce barrage situé dans le territoire de Dibaya, n’a jamais produit le moindre kilowatt, malgré des dizaines d’annonces officielles et relances successives.
Le projet est actuellement en révision pour une réduction de sa capacité de 64 à 16 MW, avec un nouveau délai de deux ans.

Et dans cet imbroglio, le cas de MBOMBO n’en est pas à son premier épisode. En 2022, une première pierre avait été posée par l’ancien gouverneur John KABEYA SHIKAYI, accompagnée de conteneurs supposés abriter du matériel de construction. Quelques mois plus tard, des visiteurs avaient découvert que ces conteneurs étaient vides. La pose de la première pierre n’aurait été qu’un coup politique à l’approche des élections générales de décembre 2023.

Ces répétitions d’annonces sans suite poussent à plusieurs interrogations :
Le Kasaï-Central est-il condamné à rester éternellement sans courant ?
Cette province, qui n’a jamais connu d’électricité industrielle, voit encore une fois s’éloigner l’espoir d’un développement énergétique durable.
✍️ GloDi-Gilbert KABONGO
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