Kasaï central : Entre Flatteries et Réalités, L’arrivée de Félix Tshisekedi à Kananga sous haute tension (Tribune du journaliste Erick Djouma Chauria)
À l’approche de la visite tant attendue du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo à Kananga, la ville se prépare à un accueil qui semble être teinté de contradictions.
Alors que des affiches vantent les mérites du chef de l’État, flattant son leadership avec des messages tels que « La population du Kasaï central dit oui au changement de la constitution », la réalité sur le terrain est tout autre.
Les députés, ministres nationaux et directeurs d’institutions publiques, en quête de soutien et d’approbation, ont déployé ces messages flatteurs dans les rues de Kananga.
Cependant, cette orchestration ne reflète pas les véritables préoccupations des citoyens du Kasaï Central.
En effet, la population attend avec impatience que le président prenne en compte des enjeux cruciaux tels que la réhabilitation de la route Kananga-Kalaba-Mbuji et la mise en œuvre des promesses faites avant son second mandat.
Des informations circulent selon lesquelles certains élus inciteraient les habitants à accueillir le président en échange de petites sommes d’argent, allant de 2000 à 3000 FC.
Cette pratique soulève des interrogations sur l’authenticité de l’accueil réservé à Félix Tshisekedi.
Parmi les députés du Kasaï Central, Marcel Tshipepele se distingue par son inquiétude concernant la situation de la chute Mbombo et la route Kananga-Kalaba-Mbuji. Tandis que d’autres préfèrent se concentrer sur des flatteries sans fondement, le manque d’infrastructures et les promesses non tenues demeurent au cœur des préoccupations.
Une polémique a également émergé suite à une lettre du député provincial Papy Noël Kanku, vice-président de l’Assemblée provinciale, qui a mis en lumière le manque d’engins de travail par l’OVD et OR depuis plus de huit ans. Cette situation soulève des questions sur la gestion des ressources et l’engagement du gouvernement envers le développement du Kasaï Central.
Alors que Félix Tshisekedi s’apprête à poser ses pieds sur le sol de Kananga, une partie de la population se mobilise pour exprimer ses attentes.
Les slogans qui résonnent dans les esprits sont clairs : « Nous avons besoin de la route Kananga-Kalaba-Mbuji », « Nous avons besoin de la chute Mbombo », « Pas de promesses, Monsieur le Président », et « Aucun de vos projets n’a marché au Kasaï Central depuis votre arrivée au pouvoir ».
Cependant, il semble que les autorités locales soient déterminées à étouffer ces voix dissidentes.
La question demeure : quel avenir pour le Kasaï Central après le départ de Félix Tshisekedi ?
Les préoccupations légitimes des citoyens seront-elles enfin entendues ou resteront-elles une fois de plus dans l’ombre des flatteries politiques ?
✍️ Erick Djouma Chauria, journaliste et chercheur en communication
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