RDC | « Pas de dialogue sans vérité, sans justice et sans garanties » : le Front Anti-Dialogue exige que les violences commises au pays depuis 1996 soient examinées avant toute négociation

Le Front Anti-Dialogue, plate-forme politique en RDC, maintient ses réserves après la signature de l’ordonnance présidentielle instituant le Comité d’organisation du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État.
Dans un entretien accordé à la presse, le Coordonnateur du Front affirme que son mouvement ne s’oppose pas à la paix, mais à un dialogue qui ignorerait les violences et les crimes commis en République démocratique du Congo depuis 1996.
Dieudonné Nkishi propose ainsi la mise en place d’une Commission Vérité, Réconciliation et Justice transitionnelle. Celle-ci devrait, selon lui, établir les faits, examiner les responsabilités, donner une place aux victimes et contribuer à la réparation.
« Notre position n’est pas : pas de dialogue. Notre position est : pas de dialogue sans vérité, sans justice et sans garanties », a-t-il déclaré.
Alors que le dialogue est également présenté comme un moyen de renforcer la cohésion nationale face à l’agression rwandaise, le coordonnateur du Front Anti-Dialogue estime que l’unité nationale ne peut être réduite à un simple rapprochement entre acteurs politiques.
Il plaide pour que le processus s’attaque également aux causes profondes des divisions et des violences ayant marqué le pays. Sa proposition couvre la période allant de 1996 à 2026 et prévoit notamment l’examen des responsabilités individuelles et institutionnelles, dans le respect de la loi et des principes de l’État de droit.
Concernant les garanties annoncées par les autorités, notamment l’exclusion des groupes rebelles du dialogue et l’absence d’amnistie pour les crimes les plus graves, Dieudonné Nkishi appelle à leur application effective à travers des mécanismes indépendants, transparents et vérifiables.
Pour lui, le dialogue ne devrait pas servir à effacer les responsabilités liées aux violences. Il estime que la réconciliation nationale doit plutôt reposer sur la vérité, la justice et la reconnaissance des victimes.
Le Front Anti-Dialogue entend ainsi maintenir la pression sur le contenu du processus, en défendant une approche qui associe dialogue politique et mécanismes de justice transitionnelle.
✍️ GloDi-Gilbert Kabongo
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