Dialogue national en RDC : Dieudonné Nkishi Kazadi salue l’initiative du Président Tshisekedi de rompre avec les « dialogues des chefs » et de privilégier un processus axé sur la paix, la justice et l’intérêt du peuple congolais

Le Coordonnateur du Front anti-dialogue, Dieudonné Nkishi Kazadi, a animé ce samedi 29 août un point de presse au siège du parti politique Congo Positif, à Kinshasa, au lendemain de l’adresse à la Nation du Président de la République, Félix Tshisekedi, consacrée notamment à la convocation d’un dialogue national inclusif en RDC.
Dans son exposé, Dieudonné Nkishi s’est dit satisfait de voir certaines revendications défendues depuis la création du Front anti-dialogue, le 15 août 2025, trouver désormais un écho au plus haut niveau de l’État.
Le Coordonateur du Front anti-dialogue a notamment salué le refus du Chef de l’Etat d’accorder une « prime politique » à l’AFC/M23, ainsi que sa volonté affichée de lutter contre l’impunité et d’envisager le recours à la justice transitionnelle.
Pour Nkishi Kazadi, ces orientations rejoignent les principales recommandations contenues dans le mémorandum déposé par son organisation auprès du Président de la République 3 semaines plus tôt.
Il estime ainsi que la première étape du processus annoncé devrait être la mise en place d’une commission Vérité, Réconciliation et Justice transitionnelle, dotée d’un mandat clair, de garanties d’indépendance et de mécanismes permettant d’établir les responsabilités et d’assurer la réparation des préjudices subis par les victimes des conflits.
« Pas de justice, pas de véritable dialogue », a-t-il martelé, faisant de cette exigence la principale ligne rouge de son organisation.
Selon Dieudonné Nkishi, les millions de victimes des guerres et de l’agression dont la RDC est victime ne réclament ni vengeance ni représailles, mais plutôt « la vérité », « la justice », la reconnaissance des responsabilités, la réparation des préjudices et des garanties de non-répétition.
Dans la deuxième partie de son intervention, Dieudonné Nkishi Kazadi a vivement critiqué certains acteurs de l’opposition qui rejettent déjà le dialogue annoncé par le chef de l’État.
Il leur reproche de s’être longtemps présentés comme les principaux porte-parole du peuple congolais tout en organisant des dialogues essentiellement centrés sur les acteurs politiques.
« Ceux qui ont longtemps organisé ou réclamé des dialogues politiques au nom du peuple congolais semblent aujourd’hui s’offusquer lorsque le peuple lui-même est appelé à reprendre la parole », a-t-il dénoncé.
Le Coordonnateur du Front anti-dialogue estime que certains anciens dialogues ont davantage consisté en des négociations entre acteurs politiques, avec des arrangements et des compromis laissant le peuple au second plan.
S’appuyant sur l’article 5 de la Constitution, qui dispose que la souveraineté appartient au peuple, il affirme que celle-ci ne peut être confisquée par une classe politique ou par une plateforme d’opposition.
« Le peuple congolais n’a pas besoin de nouveaux dialogues des chefs. Il a besoin d’un dialogue de la nation », a-t-il déclaré.
Pour le Front anti-dialogue, l’enjeu n’est pas de s’opposer au principe du dialogue, mais de rejeter un modèle qui serait centré sur les ambitions, le positionnement, les carrières ou les intérêts politiques des individus.
Malgré son opposition historique aux dialogues conçus comme des mécanismes de partage du pouvoir entre acteurs politiques, le Front anti-dialogue affirme ne pas vouloir boycotter un processus qui placerait réellement le peuple au centre.
Dieudonné Nkishi Kazadi a assuré que son organisation serait disposée à participer à tout processus qu’elle jugera sincère, inclusif, transparent et orienté vers l’intérêt supérieur de la République.
✍️ GloDi-Gilbert Kabongo
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