Routes sales à Kananga : Quand la mairie répond par les balais et les attaques (éditorial)

L’indignation populaire face à l’insalubrité criante au centre-ville de Kananga a finalement poussé la mairie à réagir.
Ce jeudi 2 octobre, sous la coordination du maire adjoint, des équipes de balayage ont été dépêchées sur le terrain.
Un geste attendu depuis longtemps, mais terni par le ton de la communication urbaine.

Au lieu de prêter oreille aux habitants excédés par la dégradation de leur cadre de vie, la mairie a choisi la confrontation. Son chargé de communication, Gilbert Kalumbu, n’a pas hésité à fustiger les internautes qui, ces trois derniers jours, se sont mobilisés pour réclamer une ville propre :
« Les avenues de Kananga, en ce moment : la brigade est déterminée à assainir ces artères, loin du bruit des partisans de politiciens en mal de positionnement », a-t-il écrit.
Une phrase lourde de sens. Est-ce une simple maladresse, une provocation, ou pire ; une tentative délibérée de réduire la colère légitime des citoyens à des manœuvres politiciennes ?
Ce qui est sûr, c’est qu’en agissant ainsi, la mairie rate l’occasion de renouer le dialogue avec une population déjà frustrée. Kananga n’a pas besoin d’un mairie sur la défensive, qui ne voit derrière chaque revendication citoyenne que l’ombre d’un rival politique.
Kananga a besoin d’une gouvernance humble, capable d’entendre et de comprendre que la propreté de la ville est un droit, pas une faveur.
Car au fond, les Kanangais ne réclament pas l’impossible. Ils veulent juste marcher dans des rues propres, respirer un air sain, et être fiers de leur ville.
La mairie ferait mieux de se ranger du côté de la population plutôt que de la défier. Car si l’indignation populaire a suffi à déclencher le balayage d’un jour, qu’en sera-t-il demain quand cette même indignation se transformera en exigence permanente de redevabilité ?
✍️ GloDi-Gilbert KABONGO
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